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Saviez vous que la Bièvre est peut être la seule rivière au monde
qui ait perdue son embouchure ? la seule rivière qui ne se jette ni dans
un fleuve, ni dans une mer ? Emprisonnée dans un réseau d’égouts,
torturée, contrainte dans un siphon de passer sous la Seine dans un sens,
puis dans un autre et finir, extenuée dans un champ d’épandage du coté de
la plaine d’Achères.
Découvrez ce tragique destin dans le texte de Adrien
Mithouard, remarquable poème en prose à la mémoire de cette petite
princesse devenue la fétide enfant qui vient se perdre dans Paris.dont
voici quelques extraits : « Le
Hurepoix s’est vu supprimer une de ses rivières, ce qui est, je crois une
aventure unique au monde. Nous pensions jusqu’ici qu’il était possible
d’emporter des pierres ou des plantes et d’arracher des arbres, mais
qu’une rivière demeurait inamovible, étant insécable et indéracinable,
qu’elle était ce qu’il y a de plus obligatoire sur la surface du sol,
attendu la pérennité des sources et la nécessité que l’eau aille
obligatoirement quelque part…. »« Sous les rues du quartier de
la Maison-Blanche, il lui envoie un bras par-ci, un bras par-là : il la
contorsionne ; il la force à repasser au-dessus d’elle-même au coin
de la rue des Peupliers et de la rue de la Colonie. C’est le début de ses
exercices. Elle épuise les types les plus variés d’égouts ….
Enfin tous ses membres dispersés se réunissent quand elle atteint le Jardin
des Plantes. Arrivée là, volontiers on s’imaginerait qu’elle va
s’aller jeter dans la Seine, comme le lui enseigna la nature. Non pas….. »
….
Au moment ou la ville de Paris envisage la Renaissance de
son cours dans la capitale, tout le monde devrait avoir lu « la
perdition de la Bièvre », ouvrage disponible à la Librairie
Stanislas Fourquier 40 rue Gay-Lussac Paris 5ème
Mai 2004 |