Chaque année, les circuits de visite des ateliers sont ponctués par un artiste invité
Ainsi sont nés LEZARTS SUR LES MURS des 5ème et 13ème arrondissements




Historique  de 2001 à 2006
   (extraits des carnets de l'Oncle Tom)


... Ca commence toujours un peu comme une histoire d'amour. Un peu de hasard, une alchimie étrange, un peu de salive et hop, on se retrouve ficelé ! c'est comme ça, les coups de foudre. Et j'ai eu le coup de foudre pour la Bièvre, ses artistes et ses lézarts de rue.

 

Moi, vous m'connaissez, j'adore les peintres, les sculpteurs, les photographes, les relieurs, les graphistes, les musicos, et tous les autres, intermittents ou pas. 

Ce que j'aime aussi, ce sont les trottoirs de Paris, ses murs, ses rues, ses refends, ses palissades, ses quartiers ancrés dans le passé de la cité.


 

Alors, quand en 2001, Miss Tic a inauguré ce jeu de piste magique en pochant les murs du quartier de la mouffe, mon plaisir a été total. Les silhouettes sensuelles de la Miss et ses petits aphorismes anodins et terribles accompagnaient à merveille le parcours entre les ateliers de tous ces artistes aux portes et aux cœurs ouverts.



En 2002, Jérôme Mesnager a pris le relais, peignant si vite son bonhomme blanc que j'arrivais toujours trop tôt - il n'était pas encore passé - ou trop tard : la peinture séchait déjà. Je m'émerveillais à suivre les courses sans fin de cet athlétique personnage toujours à la poursuite d'oiseaux et de rêves.  



En 2003, le grand Némo imposa un autre rythme, plus lent, avec des compositions majestueuses, ouvertes sur des mondes parallèles, peuplées d'hommes en  imperméables, de valises jamais défaites, de ballons rouges, de hamacs improbables, de chariots à voiles parsemées de papillons et de poissons qui tournent sans relâche dans le bleu des panneaux de signalisation.



En 2004, "Mosko et associés" reprenaient le flambeau.
Grands peupleurs de savanes, amoureux des tigres, papillons, hippopotames, éléphants débonnaires et girafes placides, les Moskos défoncent depuis 1989 les murs gris de notre quotidien à grands coups de fenêtres ouvertes sur des mondes colorés, peuplés d'animaux paisibles et sillonnés de trains omnibus pour Mombasa.



En 2005, c'est Speedy Graphito qui s'installait au pupitre et donnait sa mesure.
A Speedy, aucun centimètre carré de mur n'échappera, dût-il y passer ses nuits et ses jours et vider tous les pots de peinture de la capitale. Totems, buildings, salamandres, calendriers solaires et serpents magiques sont son univers. Avec lui, c'est bien le diable si la Bièvre ne sort pas de son lit !


 

2006. L'aventure continue avec Jef Aérosol, figure bien connue des amoureux de l'art urbain puisqu'il habille les murs de nos rêveries depuis 1982... un fameux bail, n'est-ce pas ? Et pour cette édition des lézarts, ses pochoirs célèbreront, pour "adoucir les murs", musique et musiciens, de Nick Drake à l'accordéoniste quêteur. Il était acquis que parfois les murs murmurent ; voici qu'avec Jef Aérosol, ils chantent. Magique, non ?

 

 




 2007 

Depuis plus de vingt ans, il accumulait toute sortes de magazines, affiches, journaux, photos, images…, il dessinait et peignait aussi.
Il décide ensuite de coller, de décoller, de recoller…

En 2000, cet autodidacte invente, par hasard, une technique de collage au ruban adhésif transparent. Nouvelle matière. Nouvelle recherche : il détourne, déstructure, décompose, arrache, va même jusqu'à détruire… puis recycle.

En 2006, arrivent les silhouettes en noir et blanc : nouveaux collages, multiples attitudes, séries, la signature s'impose : un rond noir, FKDL blanc en lettres capitales.

FKDL aime fondre ses personnages dans la jungle des affichages sauvages, parmi les mots échappés à l'oubli, les textes naufragés des publicités et autres fonds perdus et déchirés des murs de Paris, Rouen, Barcelone ou New York.

Partout où le mènent ses pérégrinations, il contribue, à sa manière, à l'enrichissement de l'art urbain.




 Gérard Laurent/Oncle Tom       www.lapanse.com