Aménagement
Un parcours souvenir
sur la rivière enfouie
vendredi 08 juin 2007 | Le Parisien

ELLE COULE sous Paris entre la porte de Gentilly et le pont d'Austerlitz. Elle traverse le parc Kellermann (XIII e ), s'enfuit jusqu'à la place de Rungis, puis fonce vers le nord pour se déverser dans la Seine, tout près du jardin des Plantes. Depuis plus d'un demi-siècle, la Bièvre coule dans un sarcophage de béton entre 1 et 20 m de profondeur sous la capitale.
Oubliée des Parisiens, cette rivière s'apprête à renaître sous la forme d'un parcours symbolique à travers le
XIII e arrondissement. Après un an de concertation, le comité de pilotage pour la renaissance de la Bièvre a choisi hier le projet architectural et paysager qui permettra à la rivière de renaître virtuellement d'ici à l'été 2008.
« modeste financièrement, mais d'une ambition forte »
Le projet retenu, du cabinet d'architecture
Benoit Jullien et
de l'Association Lézarts de la Bièvre, prévoit de créer plusieurs « rendez-vous » tout le long des 5 km du parcours de la Bièvre dans Paris : fontaines, bancs publics, oeuvres d'art, passages piétons teintés de bleu, dallage de couleur dans le sol, illuminations bleutées sous les arcades de pont à la Poterne-des-Peupliers (XIII e )... Le projet, d'un coût de 600 000 €, reste « modeste financièrement, mais d'une ambition forte car il restaure une mémoire de la Bièvre », explique Myriam Constantin, adjointe de Bertrand Delanoë en charge de l'eau. Sa version définitive sera présentée cet automne. Les travaux débuteront dans la foulée jusqu'à juin 2008. « La vraie renaissance de la Bièvre n'est pas abandonnée », souligne néanmoins l'élue. La réouverture de la Bièvre faisait en effet partie des promesses de campagne des municipales de Bertrand Delanoë en 2001. Mais la mise au jour de l'ensemble de la rivière coûterait près de 100 millions d'euros. Impossible pour les finances de la Ville. Pour l'heure, le projet le plus abouti concerne le parc Kellermann, où la rivière est peu profonde. Mais il coûterait à lui seul 8 millions d'euros et ne verra pas le jour avant des années, voire des dizaines d'années.
Nicolas Fertin