Il y a deux ans, j’ai décidé de passer un été sur la Bièvre. Un été à parcourir sa partie souterraine : Arcueil, Gentilly, La Butte aux Cailles, les Gobelins… et à lire Huysmans, Balzac, Ronsard ou Rabelais. La Bièvre, qui depuis tant d’années dormait sous les pavés, coulait encore dans ces textes. Ainsi, pour découvrir une rivière perdue, il suffisait d’ouvrir un livre.

Les auteurs d’hier et d’aujourd’hui ne libèrent pas simplement l’eau enfouie : leurs mots font rejaillir toute une vie. A travers leurs pages reviennent des teinturiers et des tanneurs, des poètes en vadrouille et des bourgeois venus s’encanailler dans les périphéries.

« Un été sur la Bièvre », devenu livre-promenade, raconte qu’il revient aux artistes de raviver ce qui disparaît. De rendre visible ce que le temps nous a dérobé. Les saisons passent, la ville évolue, les oeuvres restent. Depuis plus de quinze ans maintenant, voilà précisément le travail attachant des Lézarts de la Bièvre. Pour eux, plus qu’une rivière en cage, la Bièvre est le pacte souterrain qui relie les artistes du 13e et du 5e arrondissement de Paris. Des plus célèbres aux plus underground, chaque mois de juin, ils nous ouvrent généreusement leurs portes.

Graffeurs, photographes, céramistes, sculpteurs… ils font chanter la rivière perdue. Ecoutez, un nouvel été approche, c’est le retour du printemps sur la Bièvre.

Adrien Gombeaud

Auteur d’« Un été sur la Bièvre ». Ed. Warm. 2017.

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